OUR LIFE IN PITTSBURGH
OUR LIFE IN PITTSBURGH
2008
Il est des anniversaires que toutes les meilleures attentions du monde ne suffisent pas à vous faire apprécier autant que d’habitude. J’ai été gâté, choyé, couronné et, cerise DANS le gâteau, on s’est même démené malgré l’absence d’ingrédients adéquats pour me concocter mon traditionnel gâteau d’anniversaire depuis 40 ans : la Forêt Noire. Mais rien n’y fait, 40 ans, c’est dur à avaler.
Tout était pourtant réuni pour faire du 3 mars 2008 un non-événement parfaitement réussi. Installé aux Etats-Unis depuis plus d’un an, avec une famille et des amis à 10.000 kilomètres, en vacances de ski ou débordés par leur travail (voire les deux à la fois), c’était somme toute l’année idéale pour passer la quarantaine en toute discrétion. Mais c’était ignorer le talent inné des Américains à fêter chaque jour qui passe comme un jour particulier (quitte à fêter les ‘non-anniversaires’ s’il le faut). Ce talent se double d’une aptitude remarquable à tenir à jour des fiches pour se souvenir de tout ce qui se passe (ce n’est pas pour rien si l’inventeur du Post-It est une compagnie américaine du nom de 3M - Minnesota Mining and Manufacturing Company), et c’est donc tout naturellement que - suivant les instructions de sa fiche du jour - Diana inscrit ce matin mon nom en lettres d’or sur le tableau d’accueil au bureau : “Happy Birthday Jean” suivi de la mention “BIG 40“ en caractères tout aussi peu discrets...
“BIG 40” ... Le grand saut de la quarantaine version américaine m’a ainsi été servi toute la journée par une myriade de collègues attentionnés ne manquant jamais d’un petit mot d’humour, genre “aging sucks” (vieillir, ça craint). Pour finir, les voisins et amis ont joint leur effort à celui des collègues pour achever de marquer à jamais cette journée d’une pierre blanche dans le calendrier américain. Denny aura été le plus perspicace en m’offrant ce magnifique bouquet de sucettes marquées “40 sucks” (“suck” signifiant à la fois “sucer” et “ça craint”), avec la gêne de celui qui ne sait pas très bien si un Français est capable d’apprécier cet humour si américain.
-“You’re OK?” me demande-t-il après que j’aie déchiffré l’inscription portée sur les sucettes.
-“Oh yes Denny, I’m fine!” ... OUI Denny! Je vais TRES bien... Après tout, ce n’est qu’une année de plus. Et à défaut de me ravir l’esprit, ces quelques sucettes me font chaud au coeur!
Thank you à tous les Américains et merci à tous ceux qui malgré l’éloignement continuent d’avoir une pensée pour nous de temps en temps tout en ayant le tact bien français de savoir NE PAS souligner le 3 mars 2008 comme un jour exceptionnel...
40 Sucks
3 mars 08
40 ça craint...