OUR LIFE IN PITTSBURGH
OUR LIFE IN PITTSBURGH
2008
De retour des Caraïbes et des plages de rêve de la République Dominicaine où riches occidentaux peuvent se prélasser en toute tranquillité sous la protection discrète des militaires de cette jeune démocratie, je termine mon “livre de vacances” : le Monde est Plat - Une courte histoire du 21ème siècle.
Enfin, “livre de vacances” est une façon de parler : ce bouquin ne cesse de vous rappeler page après page que, pendant que vous le lisez confortablement installé dans votre transat sous les cocotiers, les Indiens et les Chinois, eux, travaillent. Ils travaillent dur, longtemps, et surtout, ils travaillent nombreux. Ils travaillent à piquer vos jobs... et à gagner leur place au soleil !
Si comme George Bush, vous pensez que ce qui aura marqué le début de ce siècle c’est le 11 Septembre, la lutte contre le terrorisme et la guerre en Irak, alors lisez ce livre d’urgence. Car vous êtes en train de passer à côté de la vraie Histoire du monde. Celle d’un gigantesque ré-équilibrage, où la chute du Mur de Berlin d’abord, puis l’explosion de la “bulle Internet” auront offert à l’Inde et à la Chine un monde d’opportunités bâties sur les débris fumants - et bradés - de l’infrastructure de communication développée frénétiquement autour des “start-ups” de Palo Alto d’une part, et sur la nouvelle nécessité pour les entreprises américaines et européennes de réduire dramatiquement leurs coûts après une forte crise boursière. Offshoring, outsourcing, insourcing sont venus nourrir d’abord les usines, puis l’imagination et la créativité des millions de jeunes Indiens et Chinois sur-éduqués et qualifiés, mais jusqu’ici sous-employés par leur économie locale.
Friedman est brillant de simplicité, de pragmatisme et d’anecdotes choisies dans son histoire du (nouveau) monde et, à défaut de vous rassurer, ce livre a le mérite de vous rendre intelligent sur l’état de la planète. Mais “Le Monde est Plat” ne serait qu’un ouvrage économique de plus s’il n’examinait pas également les passionnants enjeux politiques et sociaux qui se profilent dans les années qui viennent. L’une de ses réflexion les plus intéressantes concerne l’évolution paradoxale des doctrines politiques traditionnelles, où les conservateurs capitalistes - traditionnellement en faveur de la libre entreprise - se retrouvent à défendre bec et ongle la protection de leur économie nationale pendant que les progressistes sociaux démocrates - habituellement défenseurs des travailleurs (et des chômeurs) - se trouvent forcés de reconnaître que mondialisation rime avec progrès social pour des millions d’individus sortis d’un état proche de l’esclavage ! Pas étonnant donc que les ouvriers français votent Sarkozy !
Alors dans le monde tel qu’il est, le bonheur des uns se fait-il forcément au détriment de celui des autres ? Pas pour Friedman qui s’accroche à l’idée que le gâteau grossit en même temps qu’on le partage. L’imagination infinie des hommes créerait de nouvelles opportunités pour tout le monde, encore plus excitantes pour l’avenir. Thomas Friedman est optimiste. Mais Thomas Friedman est Américain...
Vite ! L’avis des Français sur ce livre ?
PS. Et pour ce qui est des plages, quelques photos valent mieux qu’un long commentaire : suivez le lien !
The World Is Flat
24 mars 08
“Une plage de rêve”
en République Dominicaine